dimanche, mars 3, 2024

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définition, effets et différences avec le CBD

Le monde du cannabis est rempli d’acronymes. On connaissait le THC, on entend parler de CBD tout le temps depuis 2018. Depuis, d’autres cannabinoïdes secondaires tentent de se faire une place sur le marché (CBN, CBC et CBG notamment). Aujourd’hui, c’est le CBDA qui nous intéresse. Ou plus précisément, sous son nom complet, leacide cannabidiolique. Comment c’est différent du CBD, quels sont ses effets, qu’en sait-on exactement ? Nous répondons immédiatement à ces questions.

Qu’est-ce que le CBDA ?

Qu'est-ce que le CBDA ?

En séchant, le CBDA du cannabis produit du CBD

Le CBDA est le forme acide du cannabidiol (CDB). Pour être plus précis, c’est le forme originale de CBDcelle que l’on trouve en grande quantité dans les trichomes de la plante, ces petites vésicules qui contiennent la résine et donc les cannabinoïdes, les terpènes et les flavonoïdes, notamment responsables des arômes et de certains effets de la plante.

Au fil du temps, la plante vieillit, meurt ou est abattue pour être transformée puis commercialisée. Dans le même temps, un processus connu sous le nom de décarboxylation. C’est lui qui permettra la transformation du CBDA en CBD.

Pour faire simple :

CBDA + chaleur = CBD + dioxyde de carbone (CO2)

Ce phénomène naturel se produit lorsque la plante se dessèche, est exposée à la lumière et à la chaleur du soleil ou est brûlée. Fumer, vaporiser ou cuisiner du CBDA implique donc sa transformation en CBD.

Le CBDA est-il légal ?

A l’heure où nous écrivons ces lignes, les cadres juridiques français et européen, bien que parfois contradictoires, s’accordent au moins sur un point : seul le THC, la molécule aux effets puissants du cannabis, est interdit. C’est aussi la seule mentionnée explicitement par les textes légaux. Par défaut, Le CBDA est donc considéré comme le même que le CBD et est donc parfaitement légal. L’intérêt pour la molécule et ses effets potentiels étant grandissant, il est cependant fort probable que, d’ici quelques années, les textes officiels soient progressivement complétés, conduisant à une cadre juridique plus précis pour l’utilisation et la commercialisation du CBDA.

Différences entre CBD et CBDA : une histoire acide

différence entre CBD et CBDA

La combustion transforme le CBDA en CBD, mais reste un mode de consommation interdit en France

Ce n’est plus un secret pour beaucoup de gens, le CBD est un composé actif du cannabis. Egalement produit naturellement par les plantes de marijuana (légales ou non), le CBDA est donc sa forme acide qui, par décarboxylation (élimination du CO2), devient la forme neutre.

En suivant exactement le même processus, Le THCA devient THC, CBGA devient CBG, etc. Au final, cela explique que le grand public ne connaisse que les formes neutres des cannabinoïdes, et non leur forme acide. En fait, à moins de consommer du jus de cannabis fraîchement récolté et extrait, nous avons peu de possibilités d’obtenir des formes acides.

Cependant, cette forme acide présente certains avantages par rapport à la forme neutre. En l’état, ça ressemble à :

  • Le CBDA agit plus rapidement sur le corps que le CBD, qui agit plus sur le long terme.
  • A dose équivalente, Le CBDA induit des effets plus puissants que le CBD.
  • D’autre part, le CBDA semble agir principalement sur les capteurs CB1 (agissant sur le système nerveux) du système endocannabinoïde (SEC), tandis que le CBD active les capteurs CB1 et CB2.

Effets potentiels du CBDA

Encore peu connu, comme la plupart des composants du cannabis, le rôle du CBDA dans la production de CBD est connu depuis longtemps. Certains de ses effets ont également été mis en évidence. Ils sont principalement issus de recherches expérimentales, principalement menées sur des espèces animales, et encore à appliquer à l’homme.

Si le CBDA est capable d’agir sur le corps humain, c’est avant tout grâce à sa grande similitude avec les molécules produites naturellement par notre corps. Plus précisément, le CBDA, comme le CBD mais aussi le CBG, interagit avec un neurotransmetteur appeléanandamide, parfois appelée « l’hormone du bonheur ». Ce n’est pas un hasard si l’anandamide est ce qu’on appelle un neurotransmetteur.

Les premières propriétés relevées sont donc prometteuses. Le CBDA serait donc :

Ce dernier point est à prendre avec beaucoup de pincettes, car le sujet est sérieux et la quantité ainsi que la qualité des informations scientifiques sont encore trop faibles pour tirer des conclusions définitives. Cependant, les premières recherches semblent abonder dans ce sens.

Ce que la science nous dit sur l’acide cannabidiolique

Le cannabis médicinal a encore beaucoup à prouver, notamment en ce qui concerne le CBDA

Le cannabis médicinal a encore beaucoup à prouver, notamment en ce qui concerne le CBDA

La recherche scientifique avancer lentement et sûrement sur le sujet du CBDA. Chaque étude apporte son lot de découvertes et permet, petit à petit, de recouper des informations qui esquissent la compréhension progressive des effets du CBDA. Cependant, il est important de garder un œil critique sur ces résultats, d’une part parce qu’ils doivent encore être recoupés avec d’autres études, d’autre part parce qu’ils sont souvent commandés par des groupes pharmaceutiques, qui défendent donc des intérêts commerciaux.

Action du CBDA contre les nausées et vomissements

Cette première étude de 2013 a étudié la capacité du CBDA à réduire les nausées et les vomissements. Menée sur des populations de musaraignes et de rats, elle a démontré que le CBDA a réduit les vomissements parmi les premiers, et nausées arrêtées parmi ces derniers. Dans tous les cas, le CBDA s’est révélé clairement plus efficace que le CBD, à la fois dans le traitement des symptômes avérés et dans la prévention. L’utilisation de l’acide cannabidiolique représente donc un espoir de traitement préventif des nauséesun secteur où les thérapies traditionnelles échouent encore largement.

Un moyen de lutter contre le cancer ?

Publiée en 2014, cette deuxième étude discute de la possible réduction de la propagation des métastases dans le cancer du sein avec le CBDA. Cette fois, des cellules cancéreuses du sein ont été mises en contact avec du CBDA dans des conditions in vitro (laboratoire). La forme acide du CBD apparaît ici limiter la propagation des cellules maladesou même supprimer les gènes responsables de la métastase. Un résultat étonnant qui ne semble toujours pas avoir été testé sur l’homme à ce jour.

Réduire les convulsions

Cette troisième et dernière étude s’intéresse plus largement au rôle potentiel du CBD, du THC, du CBDA et du THCA dans les crises provoquées par les maladies neurologiques. L’épilepsie, Alzheimer et Parkinson sont particulièrement visés car ils restent incurables. Encore une fois, les cannabinoïdes semblent avoir un effet positif sur les patients, tout en étant moins agressif que les thérapies actuelles.

De conclure

Chacune de ces études laisse penser que le CBDA possède des propriétés très intéressantes, que la communauté scientifique doit s’efforcer de mieux comprendre. Cependant, cela ne signifie pas que le CBDA est meilleur que le CBD et devrait le remplacer, mais plutôt que les deux cannabinoïdes ont des propriétés complémentaires. Comprendre comment les combiner pour profiter de leurs effets combinés est donc l’un des nombreux défis du monde moderne du cannabis.

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